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Du passé à l’avenir : l’art pour réparer la mémoire des Camus à Annay-sous-Lens

Séparée du reste de la ville par une nationale historique, la cité Leclerc apprend à apprivoiser la renaissance du Haut Camus grâce à une résidence d'artistes

D’un côté de la route nationale, le centre-ville. De l’autre, la cité Leclerc. Depuis plus d’un siècle déjà, cet axe coupe Annay-sous-Lens en deux, isolant deux « mondes ». C’est ici, dans les années 1950, que sont sortis de terre les « Camus », ces préfabriqués devenus symboles d’une mémoire ouvrière.

Mais le temps a laissé des cicatrices. Quand une partie des bâtiments a été démolie, c’est toute une vie de quartier qui s’est effondrée avec le béton. Les habitants ont été relogés, sans vraie médiation, laissant derrière eux un immense sentiment de vide et d’abandon. Alors, aujourd’hui, face à la réhabilitation du Haut Camus, désormais classé au patrimoine mondial de l’UNESCO après plusieurs années d’abandon, il faut penser les plaies. Émilie et Aurélie, artistes en résidence dans le quartier, ont posé leurs valises en juin, poursuivant le travail de mémoire amorcé l’an dernier par une auteure et un sociologue. Leur mission ? Créer de lien entre les habitants, le bâtiment et les institutions. 

Pour Aurélie, à gauche, c'est aussi l'occasion de nouer des liens avec les habitants autour d'un café et d'un morceau de gâteau.

Pour redorer l’image de ce patrimoine longtemps déprécié et créer du lien, elles investissent directement l’espace public à travers la création. En travaillant l’image, l’impression, le sténotype, la construction de mobilier urbain éphémère ou encore les moulages en béton du Camus. Ces ateliers deviennent des prétextes précieux pour libérer la parole, écouter les appréhensions et recueillir les précieux récits d’autrefois. Enfin, des balades mensuelles sont organisées à travers le territoire, notamment à Harnes (comme sur la photo), pour inviter chacun à découvrir d’autres réhabilitations réussies et mesurer la valeur de ces préfabriqués quinquagénaires, véritables prouesses architecturales, et mieux imaginer l’avenir des camusiens.

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