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Vie & Mort des poilus, Front d’Artois 1915 : une mémoire oubliée de la Grande Guerre

Yves Le Maner publie, avec le soutien de la CALL, un nouvel ouvrage consacré à la bataille d’Artois de 1915, redonnant voix aux poilus et éclairant un épisode méconnu de la Grande Guerre.

La bataille d’Artois de 1915 reste l’un des épisodes les plus meurtriers et les moins connus de la Première Guerre mondiale. Malgré son intensité, elle reste largement absente de la mémoire nationale, éclipsée par Verdun ou le Chemin des Dames.

Dans son ouvrage Vie & Mort des poilus, Front d’Artois 1915, Carnets de Guerre, Yves Le Maner reconstitue ce front oublié : « L’essentiel du livre est fondé sur les témoignages rédigés par les combattants eux-mêmes pendant la bataille d’Artois 1915 », explique-t-il. Ces récits sont possibles grâce à une particularité du conflit : les soldats français de 1914 sont massivement alphabétisés, formés par l’école républicaine. « C’est la première génération de Français qui savait lire et écrire grâce à l’école de Jules Ferry », rappelle l’historien. Cette maîtrise de l’écrit se traduit par une production exceptionnelle de carnets et de lettres.

 

Des soldats qui écrivent la guerre au jour le jour

Dans les tranchées, les combattants racontent leur quotidien, rédigent le soir, dans des conditions extrêmes, souvent pour mettre des mots sur l’inexprimable. Ils écrivent aussi à leurs familles. Mais ces lettres sont souvent prudentes pour ne pas inquiéter l’arrière. Et pourtant, ils vivent l’enfer. « Il y a eu des milliards de lettres écrites pendant la Grande Guerre entre les hommes au front et leurs familles », souligne Yves Le Maner.

Quelques-uns de ces récits paraissent dès l’après-guerre, notamment ceux d’écrivains combattants comme Henri Barbusse. Le tournant survient en 1978 avec la redécouverte des carnets de Louis Barthas. Son témoignage en tant que soldat est considéré comme l’un des témoignages les plus forts sur la vie du front et relance l’intérêt pour les écrits ordinaires de la Grande Guerre. « Les familles ont ainsi rouvert les malles, les tiroirs, les greniers pour retrouver les traces de leurs anciens sur le front », raconte Yves Le Maner.

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L’enfer des combats en Artois

C’est à partir d’une quarantaine de témoignages de soldats qu’Yves Le Maner reconstitue les combats du front d’Artois : l’arrivée au front, les assauts répétés, la peur, mais aussi les destructions de villages. Les offensives autour de Vimy, Notre-Dame-de-Lorette, Carency, Souchez et Neuville-Saint-Vaast se répètent sans succès stratégique pour les Alliés. « À chaque fois, le même scénario : bombardements d’artillerie, offensives d’infanterie brisées et gains dérisoires », résume-t-il. Les pertes sont considérables : environ 100 000 soldats français auraient été tués ou blessés dans ce secteur entre 1914 et 1915. « Cette bataille a été oubliée parce qu’elle a été un échec stratégique », constate l’historien.

Le travail d’Yves Le Maner s’appuie également sur d’exceptionnelles photographies prises par les combattants eux-mêmes. Avant la guerre, de nombreux soldats possèdent déjà un appareil photo, ce qui leur permet de documenter leur quotidien au front. Parmi ces documents figure un ensemble remarquable issu du médecin et photographe Paul Minvielle, originaire de Pau. « Il a pris plusieurs dizaines d’images sur le front d’Artois en 1915 et elles ont été découvertes par sa famille bien après sa disparition », explique l’historien. Certaines d’entre elles sont uniques : « Ce sont des images tout à fait exceptionnelles. Il en existe peut-être une dizaine seulement pour toute la guerre sur l’ensemble des fronts », souligne Yves Le Maner.

Ouvrage publié aux Éditions de l’Escaut avec le soutien de la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin et de la Communauté Urbaine d'Arras.

A la rencontre d'Yves Le Maner

Cette passion de l’historien pour la Première Guerre mondiale, profondément liée à l’histoire de son grand-père, combattant à Verdun, se retrouve dans cet ouvrage. Yves Le Maner mènera une conférence, à l’occasion de la sortie de son nouveau livre, à la Maison Syndicale des Mineurs le 26 juin 2026, à partir de 18h00.

  • 45 minutes de présentation
  • Echanges avec le public (env. 15 min)
  • Vente et dédicaces de l’ouvrage
  • Ouvert à tous, sans inscription préalable

 

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