
En créant sa propre régie maraîchère bio pour fournir sa cuisine, la ville prouve qu’un circuit court, vertueux et solidaire est possible pour nos enfants.
Dans les coulisses de la cuisine centrale de Méricourt, le ballet des agents débute dès 6h30. Ici, on ne se contente pas de « faire chauffer » des plats industriels : on oeuvre pour le plaisir gustatif de près de 800 écoliers. Malgré les défis logistiques posés par les nombreux jours fériés du mois de mai, l’organisation reste millimétrée. Du quai de déchargement jusqu’à la découpe finale, chaque geste compte. La ville a opéré une véritable révolution en remettant le « fait maison » et le bio au coeur du plateau de cantine. Ce retour à la vraie cuisine a nécessité la préservation d’un espace souvent sacrifié dans la restauration collective moderne : la légumerie.
C’est ici que Myriam et Andrée épluchent, coupent et préparent quotidiennement des produits frais. « Les parents nous confient leurs enfants chaque midi ; ils comptent sur nous. C’est gratifiant de travailler de beaux produits », confie-t-elle tout en préparant des melons frais.
Un circuit ultra-court
Pour Matthieu Hain, directeur de la restauration, la règle est claire : l’approvisionnement doit se faire dans un rayon de moins de 80 kilomètres. Pour tenir cette promesse de fraîcheur, la ville a investi dans son propre véhicule réfrigéré. Cette autonomie permet d’aller chercher la viande directement chez le boucher local ou les laitages à la ferme voisine. Même le pain est le fruit d’un partenariat de proximité : chaque matin, le boulanger de Méricourt livre ses baguettes fraîches pour le plus grand bonheur des petits gourmets.
Le coeur du projet bat sur une parcelle communale d’un hectare, préemptée par la ville suite au départ d’un maraîcher privé. Depuis deux ans, des agents communaux y cultivent des fruits et légumes sans aucun intrant chimique ni pesticide. L’ambition est claire : devenir le premier fournisseur de la cuisine centrale. Ce dispositif dessine une boucle écologique exemplaire. Benjamin, cuisinier, souligne que la démarche est globale : « Rien ne se perd. Nous récupérons tous les restes alimentaires, nous les passons à la broyeuse, et le compost ainsi obtenu retourne amender nos cultures maraîchères ». C’est le cycle complet de la terre à l’assiette, et de l’assiette à la terre. À Méricourt, la transition écologique rime avec solidarité. Les repas non distribués le midi ne finissent pas à la poubelle. Ils sont conditionnés en plats individuels réfrigérés et remis aux bénéficiaires du CCAS. Cette initiative permet aux personnes les plus fragiles ou isolées d’accéder, elles aussi, à des produits frais, locaux et cuisinés avec soin.
Et sans gaspillage !
À Méricourt, la transition écologique rime avec solidarité. Les repas non distribués le midi ne finissent pas à la poubelle. Ils sont conditionnés en plats individuels réfrigérés et remis aux bénéficiaires du CCAS. Cette initiative permet aux personnes les plus fragiles ou isolées d’accéder, elles aussi, à des produits frais, locaux et cuisinés avec soin.
La CALL moteur de la transition alimentaire
Ce projet d’envergure ne serait pas le même sans le soutien actif de la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin. Via son service Système Alimentaire Territorial Durable
(SATD), l’agglomération accompagne financièrement ses communes membres. Méricourt bénéficie ainsi d’un fonds de concours dédié à la création d’espaces agricoles, représentant une enveloppe de 150 000 € répartie sur trois ans. Ce dispositif vise à multiplier les fermes pédagogiques et productives sur le territoire. Pour Sylvain Robert, Président de la CALL, l’enjeu est majeur : « Ce soutien financier est
un levier puissant pour mobiliser le foncier et accélérer la transition vers le bio et le local à l’échelle de tout notre bassin de vie ».
LE FONDS DE CONCOURS Budget : 150 000 € sur 3 ans Objectif : soutenir la création d'espaces agricoles bio (fermes pédagogiques ou productives). Critères : localisation sur la CALL, production bio, impact biodiversité/pédagogie.



