Impossible de la manquer lorsqu’elle s’installe. Avec ses hautes tiges et sa croissance spectaculaire, la renouée du Japon est devenue l’une des espèces exotiques envahissantes les plus surveillées sur le territoire. Originaire d’Asie, cette plante s’est progressivement répandue dans de nombreuses régions françaises. Aujourd’hui, elle colonise les bords de routes, les friches, les berges des cours d’eau ainsi que les terrains remaniés ou constitués de terres rapportées.
Son développement rapide pose un véritable défi pour les gestionnaires d’espaces naturels et les collectivités. En formant des peuplements très denses, la renouée du Japon occupe tout l’espace disponible et limite fortement l’installation d’espèces locales. Tout un équilibre écologique peut être fragilisé. Sa capacité à repousser à partir de son réseau souterrain de rhizomes rend également sa gestion particulièrement complexe.
Face à cette situation, la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin agit. Depuis plusieurs semaines, des expérimentations sont menées sur un site situé à Ablain-Saint-Nazaire afin d’identifier les solutions les plus efficaces pour limiter son expansion.
Miser sur la régularité pour épuiser la plante
Contrairement à certaines idées reçues, la renouée du Japon ne disparaît pas après une simple coupe. Même sectionnée, elle est capable de repousser rapidement (en 10 jours, elle peut mesurer jusqu’à 1m de haut) grâce à ses puissants rhizomes. Pour obtenir des résultats durables, il est nécessaire de l’affaiblir progressivement.
C’est l’objectif du test actuellement conduit par les agents de la CALL. Sur le site d’Ablain-Saint-Nazaire, la plante est fauchée à la main, de manière très régulière. En parallèle, d’autres pistes sont étudiées. La renouée du Japon apprécie particulièrement les espaces ouverts et ensoleillés. La priver de lumière constitue donc un levier intéressant pour freiner son développement. Plusieurs techniques peuvent être envisagées, comme la pose de bâches occultantes ou encore l’installation d’arbustes et de végétaux couvrants capables de créer de l’ombre et de concurrencer la plante sur le long terme.
Cette problématique concerne également de nombreux habitants du territoire. Lors d’une visite sur le terrain avec le Vice-Président de la CALL en charge de la biodiversité, Pierre Sénéchal, une riveraine a partagé son expérience : « J’en ai dans mon jardin, c’est une catastrophe. Mon mari passe tous les deux jours parce que ça pousse à une vitesse incroyable. Si la Communauté d’agglomération trouve des solutions efficaces, nous sommes preneurs ».
La lutte contre la renouée du Japon s’inscrit dans la durée et nécessite de la patience, et un suivi régulier. Grâce aux expérimentations engagées à Ablain-Saint-Nazaire, la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin entend mieux comprendre le comportement de cette plante invasive et développer des solutions respectueuses de l’environnement pour préserver la biodiversité locale.




