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Quand les « déchets verts » deviennent ressources

À Loos-en-Gohelle, l’association Les Anges Gardins transmet des gestes simples pour transformer les déchets verts en véritables alliés du sol. Une approche écologique, économique, pleine de bon sens et trop souvent inconsidérée.

C’est au Lycée Béhal de Lens que nous rencontrons Blondie, animatrice pour l’association Anges Gardins, lors d’un atelier mené auprès de jeunes. Autour d’un carré de terre, elle invite à changer de regard : « Les déchets verts n’existent pas, pour moi, c’est une ressource verte ». Tontes, feuilles, broyât, restes de légumes… tout est utile. « Exporter la matière de son jardin, c’est l’appauvrir, résume l’animatrice. Quand on l’appauvrit, on perd du temps, car il faut se débarrasser des végétaux, de l’argent car ensuite, on achète du terreau ou de l’engrais… alors que tout est déjà là. C’est un cycle ». Parmi les gestes simples adoptés par l’association, la tonte différenciée permet de laisser certaines zones en herbe haute pour favoriser insectes et pollinisateurs. Le mulching, lui, consiste à laisser l’herbe coupée sur place : en se décomposant, elle nourrit naturellement le sol et limite son dessèchement. Les branchages, souvent perçus comme encombrants, peuvent être valorisés en haies sèches, véritables refuges pour la biodiversité. Quant au broyat, il devient, un allié précieux, utilisé en paillage au potager, comme la tonte de pelouse pour éviter le désherbage.

ANGES GARDINS LASAGNES-VWEB

Zoom sur la culture en lasagnes

Le jardin produit donc déjà ce dont il a besoin pour se nourrir et pour NOUS nourrir. Le compost est la pratique la plus répandue pour faire des végétaux une vraie ressource. Mais l’association développe aussi la butte lasagne. « Cette butte de décomposition, c’est un compost, mais sur le sol, où l’on peut planter directement dedans », explique Blondie. Elle repose sur l’alternance de matières brunes (feuilles mortes, carton, broyat) et de matières vertes (tontes, épluchures, légumes non consommables). Cet équilibre entre carbone et azote permet de créer un sol fertile, structuré et vivant. Idéalement, la butte se prépare à la fin de l’été, au début de l’automne, pour laisser le temps aux micro-organismes de transformer la matière.

Mais il est aussi possible de la mettre en place au printemps pour y planter directement des légumes, après avoir ajouté une couche de terre ou de terreau en surface. Ces gestes, parfois perçus comme techniques ou contraignants, relèvent en réalité d’habitudes à prendre. Une fois intégrés, ils améliorent considérablement la qualité, la fertilité du sol ou encore la biodiversité et le regard porté sur son jardin. Les « déchets végétaux » deviennent des ressources précieuses, et le jardin, un écosystème autonome, où chaque élément trouve naturellement sa place. Et si, finalement, jardiner autrement commençait simplement par regarder ce que l’on a déjà ?

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